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Crises chinoises : quatre dénis et un entêtement

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la dernière chronique de David Baverez “Soleil levant” pour l’Express, publiée le 18 avril dernier dans sa version digitale. https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/chine-crises-sanitaire-economique-geopolitique-les-impasses-de-xi-jinping_2171668.html Crises chinoises : quatre dénis et

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CA 24 – L’Impossible partenariat avec l’Inde – Juil/Août 2009

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L’été 2009 a vu une prolifération d’articles alarmistes sur les relations sino-indiennes liés au regain de tension sur l’Arunachal Pradesh. Si les internautes nationalistes se déchaînent, les commentateurs institutionnels restent mesurés. L’Inde est aujourd’hui le pays asiatique où les faucons prônant la thèse de la « menace chinoise » sont les plus actifs. Les articles universitaires chinois analysés dans ce numéro offrent une perspective différente sur la présence chinoise en Asie du Sud. Les relations sino-indiennes y sont analysées en termes de choix stratégique que devra faire New Delhi, entre sa quête de statut international et sa priorité au développement économique. Car la Chine elle-même mène ces deux recherches de front, et les textes analysés dans ce numéro appellent à une certaine tolérance envers la quête de puissance d’une Inde qui a pris tant de retard sur la Chine. Pour les chercheurs chinois, l’Inde ne semble pas avoir les moyens de contrebalancer la Chine et d’acquérir un statut stratégique d’égal. Les chercheurs chinois jugent que le partenariat stratégique américano-indien est essentiellement dirigé contre la Chine, mais il ne structure par encore l’ordre régional et ne limite pas les marges de manoeuvres chinoises dans la région.

Les relations économiques et commerciales entre l’Inde et la Chine restent à un niveau insuffisant pour fonder une relation stratégique et modérer les différends. Le potentiel d’un partenariat sino-indien est à la fois immense et peu exploité, malgré les déclarations d’intention abstraites qui traversent les travaux chinois sur la question. En Asie du Sud, c’est le Pakistan qui reste un partenaire privilégié pour la Chine, mais l’écart de puissance entre les deux pays aboutit à construire une relation asymétrique et dépendante pour le Pakistan ; en témoignent les visites répétées du Président Zardari en Chine. Le gouvernement pakistanais souhaiterait devenir l’interface entre la Chine, l’Asie Centrale, l’Asie du Sud et le Moyen-Orient. Notre analyste chinois cité dans ce numéro remarque qu’il ne développe ses relations qu’avec la Chine. Celle-ci concentre ses investissements dans les secteurs stratégiques du transport et de l’énergie.

Dans l’ordre de la situation intérieure chinoise, ce numéro revient sur le débat relatif aux abus et aux déficiences du système des plaintes. Celui-ci autorise sur le papier tout citoyen chinois à porter un litige contre un fonctionnaire devant un arbitre local ou à l’échelon central depuis la fondation de la République populaire. Le système des plaintes, qui pourrait servir de soupape de sûreté pour protéger la légitimité du Parti communiste, est loin de jouer pleinement son rôle de régulateur des rapports entre le parti et la société. Pourtant, les déclarations relevées insistent en fait sur la multiplication abusive de plaintes non justifiées, et le débat porte plutôt sur la manière de désengorger les institutions en charge de leur traitement.

Un même doute traverse la réflexion rapportée dans ce numéro sur la « voie verte » – soit l’inclusion des critères de protection de l’environnement dans les projets d’investissement et dans les objectifs de rattrapage technologique. La part des investissements « verts » dans le plan de relance a été revue à la baisse, alors le taux d’invalidation des projets d’investissement pour non respect des critères environnementaux diminue. Les équilibres institutionnels sont loin d’être en faveur du nouveau ministère de l’Environnement. Au-delà des rapports de force au sein du gouvernement chinois, c’est la crise économique qui remet en cause le grand tournant environnemental si souvent annoncé.

Ce numéro rapporte enfin les équilibres politiques internes de Taiwan qui conditionnent la stabilité du processus de rapprochement entre les deux rives. Alors que Ma Ying-jeou, nouveau Président du KMT, prend le risque d’une érosion démocratique pour mieux contrôler un parti parfois rétif à sa politique, le chef de l’Etat fait face à une grave chute de popularité. Son incapacité à gérer la catastrophe du typhon Morakot, qui a fait 700 morts, ne semble pourtant pas remettre en cause à court terme sa politique à l’égard de la Chine, l’objectif prioritaire de son mandat. L’opposition reste affaiblie, et connaît ses premières divisions sur le sujet des relations entre les deux rives.

 

Sommaire

DOSSIER: L’IMPOSSIBLE PARTENARIAT AVEC L’INDE –

Le partenariat stratégique indo-américain vu de Chine

Une relation trop « politique »

Les vertus d’un corridor énergétique sino-pakistanais

Le commerce sino-indien a-t-il un avenir ?

– REPERES –

Le système des plaintes: un défi majeur pour «l’harmonie sociale»?

Une protection sociale minimale généralisée pour les personnes âgées

Urbanisation en Chine : la solution se trouve dans les campagnes

Relance économique et protection de l’environnement, une équation impossible ?

Contrôle des nominations législatives et du dialogue avec la Chine : Ma Ying-jeou et la présidence du KMT

– DECALAGES –

L’opposition taïwanaise peut-elle se reconstruire ?

Ont contribué à ce numéro : Valérie Demeure-Vallée, Yann Dompierre, Hubert Kilian, François Schichan, Candice Tran Dai, Thomas Vendryes, Thibaud Voïta