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Crises chinoises : quatre dénis et un entêtement

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la dernière chronique de David Baverez “Soleil levant” pour l’Express, publiée le 18 avril dernier dans sa version digitale. https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/chine-crises-sanitaire-economique-geopolitique-les-impasses-de-xi-jinping_2171668.html Crises chinoises : quatre dénis et

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Intérêt chinois et résistance mongole, les ressources naturelles en Mongolie

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Note n°2 de l’Observatoire de la Chine, par Antoine Maire (CERI- Sciences-po)

Enclavée entre la Chine et la Russie, peuplée d’un peu plus de trois millions d’habitants répartis sur un territoire grand comme trois fois la France, la Mongolie ne connaît aucun contentieux territorial avec ses voisins. Sur le plan économique, l’ouverture qu’a connue le pays au début des années 1990 s’est accompagnée de la redécouverte de son important potentiel minier qui lui permet aujourd’hui de revendiquer le titre de « coffre-fort géologique » de l’Asie. Idéalement situé aux portes du marché chinois dont la consommation de matières premières ne cesse de progresser, la Mongolie apparaît donc comme un « voisin idéal ». Elle offre à la Chine une source de diversification potentielle pour ses importations de matières premières ; les matières premières mongoles sont compétitives et de bonne qualité ; et les risques qui pèsent sur les flux d’approvisionnement sont minimes. Dans ce cadre, la Mongolie apparaît donc comme un candidat parfait pour bénéficier des investissements étrangers que génère la nouvelle politique chinoise dite de « go global » (zouchuqu) qui voit les entreprises chinoises investir de plus en plus à l’étranger, en particulier dans le domaine des matières premières.

L’analyse des statistiques économiques mongoles montre pourtant que, si la Chine constitue à l’évidence le premier partenaire économique du pays, la prése nce chinoise y reste pour le moment limitée et bien loin des fantasmes et des rumeurs parfois véhiculés. Plus que leur omniprésence, c’est plutôt la relative absence des investissements chinois en Mongolie qui interroge.

Cette faiblesse ne traduit cependant pas un désintérêt des investisseurs chinois pour la Mongolie comme en témoignent les nombreuses tentatives d’acquisitions effectuées par les entreprises chinoises (1). Elle révèle bien plutôt un choix politique des autorités mongoles qui s’explique notamment par leur attachement profond à l’indépendance et par la peur que continue de susciter la Chine au sein de la population comme des décideurs (2). Cet attachement à l’indépendance se traduit concrètement par la mise en place d’une stratégie politique et économique ambitieuse basée sur la diversification des partenaires étrangers du pays. Sa mise en oeuvre reste cependant délicate et son bilan apparaît pour le moment mitigé (3). Celle-ci présente néanmoins l’intérêt d’ouvrir des opportunités importantes pour les entreprises françaises en Mongolie.

  • La relative faiblesse de la présence chinoise dans le domaine des investissements
  • L’élaboration d’une stratégie de sécurité originale
  • La difficile opérationnalisation d’une stratégie ambitieuse