Auteur de la note

Arnaud Leveau

Arnaud Leveau est président d’Asia Centre. Il a plus de 25 ans d’expérience pratique dans la région Indo/Asie-Pacifique dans l’industrie (Airbus, Danone, Sciaci), les affaires gouvernementales, le conseil stratégique et la recherche en relations internationales. Il a notamment été à de nombreuses reprises le sherpa du groupe Airbus au Dialogue de Shangri-la à Singapour. Il est titulaire d’un doctorat en science politique de l’École normale supérieure de Lyon sur la politique étrangère sud-coréenne.

Il a travaillé au sein de plusieurs centres de recherche asiatiques, comme l’ASEAN Studies Center de l’université Chulalongkorn (Thaïlande), le Center for South East Asia Asian Studies de l’université de Kyoto (Japon) ou de l’Institute for East Asian Studies de l’université de Sogang (Corée du Sud). Ses travaux ont notamment reçu le soutien de la fondation de Corée et la Société Japonaise pour la promotion de la science (JSPS). Il a également été directeur-adjoint de l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine à Bangkok (IRASEC, MEAE – UMIFRE 22).

Il est membre depuis 2010 du comité de lecture du groupe de réflexion Asie21 (Futuribles) et a participé à la création de l’Observatoire Asie-Pacifique de la Fondation Jean Jaurès. Il est l’auteur de nombreuses publications sur la péninsule coréenne, la Thaïlande, l’Asie du Sud-Est, les questions de sécurité et de défense dans la région Indo-Pacifique. Il enseigne le monde des affaires en Asie à l’université Paris Dauphine PSL (M212).

Autres analyses

Couverture de la publication Asia Centre "La politique européenne de l'Inde : nouvelles dynamiques et questionnements" par Dr. Jean-Luc Racine, présentée sur une brochure verte et un écran de smartphone, avec les drapeaux de l'Union européenne et de l'Inde en arrière-plan.

La politique européenne de l’Inde : nouvelles dynamiques et questionnements • Dr. Jean-Luc Racine

Dans cette analyse, Jean-Luc Racine, docteur de l’Université Paris-Sorbonne, directeur de recherche émérite au CNRS (Centre d’études sud-asiatiques et himalayennes, EHESS-Paris) et chercheur senior à Asia Centre, examine le rapprochement entre l’Inde et l’Union européenne dans le contexte de l’accord de libre-échange signé à New Delhi le 27 janvier 2026.

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Taïwan : Pékin évite de jeter de l’huile sur le feu • Isabelle Feng

Dans ce nouveau billet, Isabelle Feng revient sur le scandale de l’huile alimentaire frelatée qui touche Taïwan depuis plusieurs semaines, et sur la réaction mesurée de Pékin face à cette affaire. Elle examine les manifestations organisées à Taipei le 25 juillet, la couverture de l’événement par les médias officiels chinois, ainsi que les réactions observées sur les réseaux sociaux chinois. Elle met en perspective ce dossier avec l’historique des scandales alimentaires en Chine continentale et la question de la liberté de manifester de part et d’autre du détroit de Taïwan.

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Corée du Sud et Japon : le Grand Bond en Avant ? • Jean-Yves Colin

Jean-Yves Colin, chercheur à Asia Centre spécialiste du Japon et de la péninsule coréenne, publie une nouvelle brève sur les stratégies industrielles de la Corée du Sud et du Japon dans les domaines de l’intelligence artificielle et des semi-conducteurs : Corée du Sud et Japon, le Grand Bond en Avant ? (2026 n°09).

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L’aigle désorienté La Russie face au risque d’un double décrochage eurasiatique • Dr. Arnaud Leveau

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L’aigle désorienté : la Russie face au risque d’un double décrochage eurasiatique

Dr. Arnaud Leveau, président d’Asia Centre, propose une nouvelle analyse sur le pivot asiatique de la Russie et les limites de son autonomie stratégique face à la Chine.

Retrouvez l’analyse complète via le bouton PDF.

Résumé exécutif

Depuis le début de la guerre en Ukraine, Vladimir Poutine a multiplié les déplacements en Asie. Après une visite d’État en Chine en mai 2024, il s’est rendu en Corée du Nord puis au Vietnam en juin de la même année, avant d’effectuer un déplacement très remarqué en Mongolie en septembre 2024 , en dépit du mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale. En 2025, il est revenu en Chine pour participer au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin, avant d’apparaître aux côtés de Xi Jinping  et de Kim Jong-un lors de la grande parade militaire organisée à Pékin pour le quatre-vingtième anniversaire de la victoire sur le Japon.

Cette succession de visites traduit la volonté de Moscou de rappeler que la Russie demeure une puissance eurasiatique et qu’elle entend continuer à peser dans les grands équilibres asiatiques. Le sommet Russie-ASEAN organisé à Kazan en juin 2026 s’est inscrit dans cette même logique. En accueillant les dirigeants d’Asie du Sud-Est, le Kremlin a cherché à démontrer que les sanctions occidentales n’avaient pas conduit à son isolement diplomatique et qu’il restait en mesure de proposer des partenariats dans les domaines de l’énergie, du nucléaire, de la défense ou des infrastructures.

Ce retour vers l’Est n’est pourtant pas né avec la guerre de 2022. Il plonge ses racines dans une histoire plus ancienne. Le sommet de l’APEC organisé à Vladivostok en 2012 avait déjà donné une première traduction politique à l’ambition de faire de l’Extrême-Orient russe une ouverture vers le Pacifique. L’annexion de la Crimée, en 2014, puis les premières sanctions occidentales ont cependant changé la nature de cette ambition. Ce qui relevait d’une stratégie de développement est progressivement devenu une nécessité géopolitique. La création du Forum économique oriental, dès 2015, a consacré cette inflexion.

L’invasion de l’Ukraine n’a donc pas créé le pivot asiatique de la Russie ; elle l’a accéléré et profondément transformé. Les investissements, les échanges commerciaux et l’attractivité économique ont progressivement laissé la place à une diplomatie davantage fondée sur les hydrocarbures, le nucléaire civil, les exportations d’armement et la protection diplomatique. L’Asie n’apparait plus seulement pour Moscou comme un espace d’opportunités ; elle est devenue un espace de respiration stratégique.

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