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Crises chinoises : quatre dénis et un entêtement

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la dernière chronique de David Baverez “Soleil levant” pour l’Express, publiée le 18 avril dernier dans sa version digitale. https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/chine-crises-sanitaire-economique-geopolitique-les-impasses-de-xi-jinping_2171668.html Crises chinoises : quatre dénis et

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CA 28 – L’ordre international vu de Chine – Mars/Avr 2010

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Ce numéro de China Analysis se fait l’écho des vifs débats qui ont lieu en Chine aujourd’hui. Ils portent sur la politique étrangère et le modèle de développement économique, en particulier autour des questions cruciales de l’augmentation des salaires et de la politique monétaire. Le grand rendez-vous politique du printemps – la 3e session plénière de la 11e Assemblée Nationale Populaire – n’a guère apporté de réponse définitive à la question des orientations futures de politiques publiques manifestement en transition. Or les analystes chinois s’accordent pour constater, quelque soit leur domaine de spécialité, que la crise économique mondiale nécessite de nouvelles adaptations, et offre en tout cas l’occasion de remises en question salutaires.

L’affaire Foxconn est symptomatique de l’imbrication entre les enjeux nationaux et internationaux. Après la vague de suicides qui a emporté dix employés au mois de mai, la direction taiwanaise de l’entreprise – dont l’usine à Shenzhen regroupe 300000 ouvriers ! – a décidé une augmentation de plus de 100% du salaire minimum. Comment réagiront les autres entreprises produisant en Chine ? Le rapport de force entre les employés et le patronat n’est-il pas altéré en profondeur ? Le gouvernement n’a-t-il pas choisi à dessein de laisser la presse augmenter la pression contre la direction de Foxconn, un acteur clef de la chaîne de production informatique mondiale, pour exercer une pression à la hausse sur les salaires sur l’ensemble du territoire chinois ? Nous proposons dans ce numéro une lecture décalée de l’épisode Foxconn, qui met l’accent sur l’absence de structuration et d’indépendance des syndicats chinois – en se fondant sur les analyses d’un personnage pourtant au coeur de ce système, le vice-directeur de l’école des cadres syndicaux de la province de l’Anhui.

Au-delà de l’enjeu crucial d’un modèle économique viable et du déplacement du centre de gravité de la croissance des exportations vers la consommation intérieure, se joue bien sûr la place de la Chine dans le monde. Dans ses relations avec l’Europe tout d’abord, dans la mesure où la baisse durable de l’Euro pourrait transformer la structure des relations économiques et commerciales bilatérales. Avec un Renminbi plus fort, la question d’une ouverture plus grande du vieux continent aux investissements chinois se pose de nouveau, à commencer en Grèce.

L’europessimisme de la presse chinoise confirme la tendance identifiée dans les numéros précédents de China Analysis sur la place périphérique qu’occupe l’Europe dans la grande stratégie chinoise. Mais le dossier de ce numéro va plus loin. Les débats au sein de la communauté stratégique chinoise ne cessent de se renouveler. Si la grande alternative discutée depuis plus d’un an – entre une politique étrangère discrète et une diplomatie ambitieuse au service d’intérêts de puissance – n’a pas changé, ses modalités évoluent.

La priorité semble désormais d’éviter qu’une coalition hostile s’allie dans le but de contraindre l’émergence de la Chine. Il s’agit là de la principale réponse des analystes chinois à tout le débat occidental sur la rupture de politique étrangère chinoise, désormais plus ferme et acceptant la confrontation. Les analystes chinois restent pourtant très mesurés, et tous écartent la possibilité de la stratégie d’alliance que pourrait mener Pékin au sein de l’organisation de Shanghai, ou comme le montre ce numéro, avec les grands émergents en transformant le sommet des BRIC en organisation internationale pesant sur la gouvernance mondiale et les grands équilibres géopolitiques. A l’évidence, la Chine rêve plutôt de réorganiser les relations internationales autour d’un concert des nations, régulé en apparence par les concepts qu’elle souhaite promouvoir, vaguement inspirés du confucianisme, et lui donnant toute latitude pour promouvoir partout ses intérêts économiques, et de plus en plus, géostratégiques.

Enfin, l’actualité de ce numéro, c’est aussi l’ECFA, l’accord-cadre de coopération économique qui institutionnalise les relations entre la Chine et Taiwan. Sur l’île, où les débats sont très vifs, le consensus autour de l’intégration économique avec l’autre rive progresse néanmoins.

 

Sommaire

DOSSIER: L’ORDRE INTERNATIONAL VU DE CHINE –

Une sinisation de la géopolitique du monde

Le risque d’alliances contre la Chine ?

Les BRIC, pôle indécis d’une nouvelle gouvernance

– REPERES –

La presse financière chinoise est europessimiste

Vers l’indépendance de la politique monétaire

Rééquilibrer la croissance : les nouvelles orientations

La réduction de l’excédent commercial chinois est-elle durable ?

Réformes politiques et développement économique : l’émergence d’un modèle chinois ?

L’ECFA ou les négociations complexes d’un accord-cadre d’interaction économique entre la Chine et Taiwan

– DECALAGES –

La vague de suicide des ouvriers de Foxconn et la vacuité du syndicalisme chinois

Ont contribué à ce numéro : Gaëlle Brillant, Gong Cheng, Mathieu Duchâtel, Jean-François Di Meglio, François Godement, Hubert Kilian, Olivier Moncharmont, Anne Rulliat, François Schichan