Author

Other analyses

Crises chinoises : quatre dénis et un entêtement

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la dernière chronique de David Baverez “Soleil levant” pour l’Express, publiée le 18 avril dernier dans sa version digitale. https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/chine-crises-sanitaire-economique-geopolitique-les-impasses-de-xi-jinping_2171668.html Crises chinoises : quatre dénis et

Read More »

CA 45 – La non-interférence est-elle dépassée?

danyu-wang-tI2WBwfctdo-unsplash

Au cours des trente dernières années, la Chine a privilégié son développement économique, par la voie des réformes et de l’ouverture. Cet objectif supposait l’établissement d’un environnement pacifique au–delà de ses frontières. La Chine a privilégié donc un activisme économique fort, en parallèle d’une certaine discrétion diplomatique. « Profil bas » dicté par Den Xiaoping, ou « développement pacifique » (plutôt qu’émergence) sous Hu Jintao, cette discrétion est remise en question aujourd’hui. La Chine acquiert un appareil militaire moderne quoique non testé, avec le 2ème rang mondial pour le budget de la défense, à la hauteur de son statut de 2ème puissance mondiale. Ses intérêts économiques grandissent d’un bout à l’autre de la planète. Puissance à la fois économique (avérée) et militaire (en devenir), elle doit à la fois protéger ses intérêts et prendre des responsabilités, sous peine de connaître les risques d’un propriétaire absent ou d’encourir le reproche de profiter du système international sans y contribuer.

Le dossier de ce numéro, intitulé « La non-interférence est-elle dépassée ? », revient sur le dilemme de la Chine face à quatre États en délicatesse avec le système international : Corée du Nord, Iran, Soudan et Syrie. La diversité des motivations chinoises apparaît bien. La Chine s’interroge sur son rôle en flèche entre les deux Soudan nouvellement créés, alors que les réserves pétrolières s’y épuisent peut-être. Totalement critique et sceptique des positions américaines sur l’Iran, elle songe à un véritable pacte régional. Mais elle ne se cache pas l’évolution de l’opinion publique iranienne (qu’elle attribue à l’impact des sanctions internationales) vers la modération. Paradoxalement, c’est sur la Syrie que la Chine campe le plus sur le dogme de non-interférence – justifié avec cynisme par le piège que tend le Proche- Orient à une intervention occidentale. Mais globalement, la non-interférence est souvent considérée comme inefficace face à des objectifs plus pragmatiques. Avec la Corée du Nord, la motivation est plus stratégique : si certains auteurs conseillent de punir, voire d’abandonner la Corée du Nord suite à son troisième essai nucléaire, d’autres mettent à jour le risque de voir la Corée du Nord… basculer vers une ouverture aux États-Unis.

 

Sommaire

– DOSSIER: LA NON-INTERFÉRENCE EST-ELLE DÉPASSÉE?

La Chine débat de sa relation avec la Corée du Nord

Chine-Iran: les “faucons” chinois dénoncent l’influence américaine

Engagement et non-interférence: le cas de la Syrie

Soudans: la diplomatie chinoise depuis la partition

REPÈRES

La campagne de lutte contre les rumeurs sur Internet

Visions chinoises sur l’affaire Snowden

La corruption concerne aussi les juges

Les émergents en crise: un impact limité sur la Chine

Le glissement à l’Est: vers une banque mondiale des BRICS

DÉCALAGE

L’institution du mariage: réflexions générationnelles, une enquête

Ont contribué à ce numéro: Martina Bassan, Nathan Beauchamp-Mustafaga, David Bénazéraf, Antoine Bondaz, François Godement, Agatha Kratz, Clémence Mirgalet, François Quirier, Simeng Wang, Hugo Winckler