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Crises chinoises : quatre dénis et un entêtement

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la dernière chronique de David Baverez “Soleil levant” pour l’Express, publiée le 18 avril dernier dans sa version digitale. https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/chine-crises-sanitaire-economique-geopolitique-les-impasses-de-xi-jinping_2171668.html Crises chinoises : quatre dénis et

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KA1 – Janvier 2014 – Introduction aux enjeux actuels de la Corée

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Ce premier numéro de Korea Analysis paraît à un moment où les cartes du grand jeu asiatique sont redistribuées : nouveaux enjeux de pouvoir, nouvelles décisions stratégiques à long terme, inflexion et modification des rapports de force régionaux  ; soit autant d’éléments décisifs qui aiguisent et nourrissent la réflexion. C’est dans ces perspectives que nous souhaitons inscrire notre démarche. L’Asie est devenue le lieu d’affrontement entre le « rééquilibrage » ou le « pivot » d’Obama et le « rêve chinois » de Xi, dans une lutte renouvelée aux accents hégémoniques. La stratégie de la Corée du Sud, au cœur de ces rivalités, consiste à maintenir l’alliance militaire avec les États-Unis tout en entretenant de bonnes relations diplomatiques et économiques avec la Chine, son premier partenaire commercial et seul pays de la région capable d’influencer le « frère ennemi », la Corée du Nord.

Dans cette situation ambiguë de compétition sino-américaine qui n’exclut pas une collaboration économique indispensable aux deux puissances, comment penser la réconciliation intercoréenne ? Depuis la démocratisation de la Corée du Sud, à la fin des années 1980, les gouvernements qui se sont succédé, progressistes ou conservateurs, ont oscillé entre deux politiques vis-à-vis de la Corée du Nord : politique d’engagement et politique de pression. Les deux approches ayant échoué, la nouvelle présidente Park Geun-hye a dû définir de nouveaux principes, qu’elle a résumés sous le vocable de « diplomatie de confiance » (trustpolitik). Cette nouvelle diplomatie intercoréenne implique cependant de s’adresser à un partenaire de confiance. Les retours en arrière, palinodies et menaces proférées en permanence par Pyongyang laissent peu d’espoir quant à la possibilité d’établir ce type de relation avec un régime dont la seule visée politique est le maintien au pouvoir de la dynastie Kim. C’est pourquoi, aujourd’hui, le processus de réconciliation intercoréenne apparaît pour longtemps se trouver dans une impasse.

En revanche, la Corée du Sud affiche franchement son ambition d’émerger parmi les dix premières puissances internationales dans la décennie à venir. Certes, cette ambition est celle des gouvernements. Mais elle suscite l’adhésion des Coréens. Les atouts du pays sont nombreux : un fort pragmatisme de sa politique économique lui permettant de s’adapter, un certain réalisme opportuniste face à la mondialisation et à ses opportunités, une capacité à promouvoir constamment les avancées technologiques et un soutien accru aux industries culturelles à la conquête du monde. Ce projet national, empreint d’un volontarisme propre aux Coréens, aboutira-t-il, témoignant encore une fois du dynamisme de leur pays ? Sortis exsangues de la guerre en 1953, les Coréens ont su transformer, en deux générations, l’un des pays les plus pauvres du monde en une puissance économique ultramoderne. Comblé par la transition démocratique de la fin des années 1980, ce « miracle du fleuve Han » du XXe siècle se renouvellera-t-il au XXIe ?

 

Sommaire

– Avant-propos –

À la recherche d’un équilibre dans la péninsule coréenne : interview du professeur Moon Chung-in (Antoine Bondaz)
La Corée du Sud surestime le changement dans la politique nord-coréenne de la Chine (Song Wenzhi et Antoine Bondaz)
La Corée du Sud doit-elle aussi se nucléariser ? (Antoine Bondaz)
Purge et exécution de Jang Song-taek : faut-il s’attendre à une instabilité politique en Corée du Nord ? (Cheong Seong-chang)
La Corée du Sud cherche à promouvoir une « économie créative » (Lee Jae-seung)
La Corée du Sud face à la nouvelle carte de l’énergie (Antoine Halff)
La crise de la réforme du système de retraite de base : la volteface de Park Geun-hye (Cho Hong-sik)
La Corée du Sud tente d’améliorer son image de marque nationale (Olivia Ih-Prost et Antoine Bondaz)
La Hallyu en question : les discours « critiques » sur l’expansionnisme culturel sud-coréen (Lee Kil-ho)
La Corée vue par les médias français, quelques pistes de réflexion (Pascal Dayez-Burgeon)