Author

Other analyses

Crises chinoises : quatre dénis et un entêtement

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la dernière chronique de David Baverez “Soleil levant” pour l’Express, publiée le 18 avril dernier dans sa version digitale. https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/chine-crises-sanitaire-economique-geopolitique-les-impasses-de-xi-jinping_2171668.html Crises chinoises : quatre dénis et

Read More »

La Thaïlande rêve d’adopter le modèle chinois – Arnaud Dubus

Thailand (11)

Par Arnaud Dubus, correspondant de presse pour Radio France Internationale, Libération, Le Temps et TV5 en Thaïlande, auteur d’un ouvrage à paraître prochainement par l’Institut de Recherches sur l’Asie du Sud-est contemporaine (IRASEC), sur « Bouddhisme et politique en Thaïlande ».

Depuis la fin des années 1970, la Thaïlande s’est appuyée sur une diplomatie d’équilibre entre les grandes puissances, évitant une trop grande dépendance par rapport à un pouvoir particulier. Depuis le coup d’Etat du 22 mai 2014, cette tradition a été érodée par un virage affirmé du régime militaire vers la Chine tant au niveau militaire, qu’aux niveaux économique et politique. Cette « dérive » n’est pas unanimement acceptée dans le pays, analystes, représentants de la société civile et même diplomates mettant en garde contre la fragilisation de la position internationale de la Thaïlande résultant d’une telle politique.

L’arrivée au pouvoir de Donald Trump aurait pu rétablir un meilleur équilibre dans les relations extérieures de la Thaïlande, son approche pragmatique mettant plus à l’aise les militaires thaïlandais que celle de Barack Obama bâtie autour du principe du respect des droits de l’Homme et du régime démocratique. Mais l’approche multidirectionnelle de Donald Trump lors de sa tournée en Asie en novembre 2017 a déconcerté les leaders thaïlandais par son manque de clarté. Les généraux au pouvoir ne perçoivent pas encore clairement le rôle que vont pouvoir jouer les Etats-Unis dans cette nouvelle ère.

Parallèlement, le modèle chinois – l’effacement de la politique au profit du libéralisme économique – plait aux généraux, qui s’en inspirent pour mettre en place un nouveau système politico-administratif qui marginaliserait les politiciens et élus et limiterait la liberté d’expression et les droits politiques. Dans cette optique, le poids considérable de la bureaucratie thaïlandaise est un atout, mais la reproduction du modèle chinois est rendue difficile par l’histoire et les spécificités socioculturelles de la Thaïlande.

  • Introduction
  • La dérive thaïlandaise vers la Chine
    • Au niveau économique 
    • Au niveau militaire 
    • Au niveau diplomatique
  • Le rêve chinois
    • Un contexte favorable : un Etat rongé par la démocratie 
    • La vision de la junte  : un Etat apolitique avec une population soumise et unifiée 
  • Conclusions
  • Annexes