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Les mobilisations contre le blasphème au Pakistan et la montée en puissance des Barelvis – Alix Philippon

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ANALYSES LOCALES – Les mobilisations contre le blasphème au Pakistan et la montée en puissance des Barelvis – Alix Philippon

La capitale pakistanaise n’avait plus vu de mobilisation de cette ampleur depuis l’été 2014 et le sit-in de quatre mois des partis d’Imran Khan et de Tahir-ul Qadri. Pendant trois semaines, du 6 au 27 novembre 2017, quelques milliers de membres du petit groupe religieux Tehreek-e Labbaik Ya Rasool Allah (TYL), et leur leader le maulana Khadim Hussain Rizvi, ont campé aux abords d’Islamabad. Leur but ? Protester contre la modification de la clause sur la finalité de la prophétie (khatm-e nabuwwat) du projet de loi de réformes électorales adopté en octobre 2017. A priori, rien de très sujet à polémique : les parlementaires avaient modifié la formulation du serment que prêtent les candidats aux élections et au cours duquel ils doivent affirmer que Muhammad est le dernier des prophètes. L’expression dans le serment “je jure solennellement” avait ainsi été transformée en “je crois”. Elle a ensuite été remise en place peu de temps après quand “l’erreur” a été remarquée. Mais les manifestants n’en ont cure : ils exigent que les responsables du malheureux amendement soient punis. A leurs yeux, l’incident apparaît comme une véritable insulte du Prophète de l’islam, et donc comme un blasphème. Pour obtenir gain de cause, ils bloquent un échangeur autoroutier très usité à Faizabad, porte d’entrée dans la capitale entre Islamabad et Rawalpindi où se trouve le quartier général de l’armée et perturbent les déplacements quotidiens de milliers de citoyens.  Un enfant de huit mois meurt en route pour l’hôpital, bloqué dans les embouteillages. Les protestataires, manifestement issus des classes populaires, sont aussi armés de bâtons, de lance-pierres et pour certains, d’armes à feu et d’explosifs. Un policier a été tué, et d’autres blessés, dans les affrontements. Pourtant, le TYL, à l’origine des manifestations de novembre 2017, n’appartient pas à la mouvance sectaire et jihadiste des talibans du Pakistan qui s’est illustrée ces dernières années au Pakistan dans de nombreux actes de violence. Il appartient à l’école barelvie qui représente l’islam sunnite majoritaire d’un pays encore très porté vers le soufisme populaire. Ce mouvement religieux est généralement considéré comme moins organisé et plus pacifiste que ses challengers islamistes. Il a même été promu par le gouvernement depuis 2008 pour lutter contre la talibanisation du Pakistan. Un nouveau défi pour le gouvernement pakistanais ?

  • Une indignation vraiment générale ? 
  • Le blasphème, une cause de plus en plus chère aux Pakistanais 
  • Les Barelvis, “vrais amoureux” du prophète Muhammad
  • La trajectoire de Khadim Hussain Rizvi et la politisation du TYL

 

Disponible sur Asia Trends #3