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Isabelle Feng

Isabelle Feng est spécialisée dans l’économie et la politique étrangère de la Chine, en particulier les relations Chine–Union européenne et Chine–États-Unis. Diplômée en économie de l’Université de Wuhan, puis en droit de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de Paris Dauphine, elle s’intéresse à la gouvernance des entreprises chinoises cotées à l’étranger, à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et aux stratégies géoéconomiques chinoises dans un contexte multilatéral.

Forte d’une expérience en conseil en fusions-acquisitions, ses travaux portent également sur la portée extraterritoriale des législations nationales, l’industrie mondiale des semi-conducteurs et l’évolution des rapports de force économiques dans un ordre international en mutation.

Isabelle Feng est vice-présidente d’Asia Centre depuis 2025.

Autres analyses

[Asia Unfiltered #1] Rendez-vous manqué, échec programmé ? • Isabelle Feng

Sommet Chine UE 2025 Billet Isabelle Feng

[Asia Unfiltered #1] Rendez-vous manqué, échec programmé ? Isabelle Feng, vice-présidente et chercheuse à Asia Centre, publie un billet d’humeur en amont du sommet Chine UE 2025 de jeudi 24 juillet.

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Alors que le 25e sommet Chine – Union européenne se tiendra le 24 juillet à Pékin, l’événement s’annonce déjà comme un rendez-vous diplomatique en demi-teinte, voire un échec programmé. Dans ce billet d’humeur, première édition d' »Asia Unfiltered« , Isabelle Feng revient sur les symboles puissants qui entourent cette rencontre écourtée, et sur ce qu’ils disent du rapport de force sino-européen.

Prévu initialement à Bruxelles, le sommet Chine – UE 2025 a été déplacé dans la capitale chinoise à la demande de Pékin, qui a imposé ses conditions. Le refus de Xi Jinping de se déplacer personnellement en Europe a pourtant conduit l’Union à s’y plier, acceptant de faire le voyage pour marquer les 50 ans de relations diplomatiques avec la Chine.

Mais derrière les sourires officiels se cache une mise en scène très asymétrique : celle d’une Chine impériale, dans laquelle les diplomates européens endossent malgré eux le rôle d’émissaires venus de contrées lointaines rendre hommage au « Fils du Ciel ». Ce théâtre diplomatique, habilement orchestré par Pékin, sert avant tout une propagande intérieure, destinée à restaurer la confiance des consommateurs chinois en période de ralentissement économique.

La puissance de l'Empire du milieu se mesurait par la distance parcourue par les « barbares » venus des contrées lointaines jusqu'à la porte de la Cité interdite, comme illustrent les tableaux produits au 18è siècle sous l'empereur Qian Long (1711-1799) sur lesquels on reconnaît les émissaires français, anglais et hollandais.

« La puissance de l’Empire du milieu se mesurait par la distance parcourue par les « barbares » venus des contrées lointaines jusqu’à la porte de la Cité interdite, comme illustrent les tableaux produits au 18è siècle sous l’empereur Qian Long (1711-1799) sur lesquels on reconnaît les émissaires français, anglais et hollandais. »

Face à une Europe affaiblie et soumise à des pressions économiques et sécuritaires, la Chine affiche une position de force décomplexée, allant jusqu’à affirmer qu’elle ne peut tolérer une défaite russe en Ukraine. À travers une riche mise en perspective historique et culturelle, l’autrice décrypte les symboles profonds de cette rencontre déséquilibrée, et interroge le choix européen de s’exposer à une humiliation diplomatique à grand renfort de sourires protocolaires.

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