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Auteur de la note

Jean-Yves Colin

Jean-Yves Colin

Ancien élève de l’École Nationale d’Administration, Jean-Yves Colin a été en poste à la Direction du Trésor, où il a notamment occupé la fonction de Conseiller Financier auprès de l’Ambassade de France au Japon (1987-1990). Il a ensuite rejoint le Groupe Crédit agricole, a été directeur général délégué de la filiale de gestion d’actifs, désormais connue sous le nom d’Amundi, et directeur de la conformité de Crédit agricole S.A. Depuis son départ de ce groupe bancaire en 2013, Jean-Yves Colin a rejoint Asia Centre, où il est membre du conseil d’orientation et expert Asie du Nord.

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Rencontre Ishiba – Lee Jae Myung à Tokyo ; Un axe Tokyo-Séoul • Jean-Yves Colin

Axe Tokyo Séoul

Rencontre Ishiba – Lee Jae Myung à Tokyo ; Un axe Tokyo SéoulJean-Yves Colin, chercheur à Asia Centre, propose une nouvelle brève suite à la rencontre entre les deux dirigeants.

Retrouvez la brève complète via le bouton PDF.

La rencontre du 23 août à Tokyo entre le Premier ministre japonais Ishiba Shigeru et le président sud-coréen Lee Jae Myung a constitué un jalon diplomatique majeur dans les relations nippo-coréennes. Bien que dépourvue d’avancées substantielles, elle a revêtu une forte valeur symbolique, confirmant la continuité de la « diplomatie des navettes » instaurée depuis 2020 afin de dépasser les tensions héritées du passé colonial et des différends mémoriels. Cette dynamique bilatérale, soutenue par Washington à travers des formats tripartites, vise à consolider une coopération politique et sécuritaire indispensable dans un contexte régional marqué par l’incertitude, le rapprochement russo-nord-coréen et les fluctuations de la politique américaine sous Donald Trump.

Les deux dirigeants abordaient cette rencontre dans des situations intérieures contrastées. Ishiba Shigeru, fragilisé par une série de défaites électorales et contesté au sein de son propre parti, cherche à renforcer sa stature internationale pour contrer les offensives des ex-factions Abe et Motegi. S’il demeure en sursis politique, il bénéficie néanmoins d’un relatif soutien de l’opinion publique et de l’effet positif d’un compromis commercial difficile mais jugé acceptable avec l’administration Trump. De son côté, Lee Jae Myung profite encore de son état de grâce post-électoral. Fort d’un contrôle conjoint de l’exécutif et du législatif, il a lancé un activisme soutenu sur les fronts diplomatique, judiciaire et sociétal, tout en capitalisant sur la marginalisation des conservateurs, symbolisée par l’incarcération de l’ancien président Yoon Suk-yeol et de son épouse. Toutefois, cet avantage politique n’est pas exempt de fragilités, la gestion des grâces présidentielles et le retour en scène de figures controversées comme Cho Kuk laissant entrevoir de possibles fractures internes.

Sur le fond, la rencontre s’est traduite par des annonces modestes – ajustements en matière de visas de travail et coopération démographique – mais la véritable portée réside dans l’affirmation d’une volonté commune de dépasser les contentieux historiques pour « ouvrir un nouveau chemin ». La déclaration conjointe s’est inscrite dans la continuité des accords de 1965 et de la déclaration Obuchi–Kim de 1998, tout en écartant la thématique sensible de l’« Indo-Pacifique libre et ouvert » afin de ménager Pékin.

En définitive, cette rencontre a conforté les deux dirigeants sur les plans intérieur et diplomatique. Elle a aussi inauguré une séquence régionale dense de sommets et de rencontres bilatérales, confirmant que le Japon et la Corée du Sud entendent maintenir un dialogue pragmatique et coopératif malgré les turbulences politiques et les héritages du passé.

 


La photo d’illustration provient du Cabinet du Premier ministre du Japon Sommet Japon–ROK, 23 août 2025 (URL de la page), sous licence PDL 1.0.

 

Axe Tokyo Séoul :

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